LE MUSEE DE CHATEAU GOMBERT UNE LONGUE
HISTOIRE
LA CREATION DU MUSEE LE VUX DE
NOMBREUX PROVENCAUX
Cet appel, un homme allait l'entendre.
Jean Baptiste Julien Pignol, était
né à Château Gombert, le 12 avril 1872. Descendant
d'une famille de maçons aisés, il était lui-même
entrepreneur, et à ce titre il construisit de nombreux immeubles
dans les quartiers résidentiels de Marseille, alors en pleine
expansion. Mais cela ne l'empêcha pas de rester très
attaché à son terroir et de conserver les murs
frugales et la langue de ses ancêtres.
Il avait très tôt épousé la cause de
la Renaissance Provençale et du Félibrige et c'est
pourquoi il était présent à Arles au jour de
l'inauguration du Museon Arlaten.
L'appel de Mistral fut pour Jean Baptiste Julien Pignol, une sorte
de révélation.
Tout de suite, il pensa : "- Mistral- va dis, va fau faire.
" Et il décida, dès son retour à Château
Gombert, de se consacrer à ce qui devait être la grande
uvre de toute sa vie restaurer dans son village la fierté,
l'amour de la Provence et le respect de la culture traditionnelle.
Secondé fidèlement par sa femme Alphonsine et par
sa sur Joséphine qui partageaient son enthousiasme,
il commença un travail de patience qui allait, près
de trente ans plus tard, aboutir à la création d'une
escolo Felibrenco, lou Roudelet Felibren de Castèu Gombert,
en 1927, et en 1928 du Museon d'Art Provençau, devenu depuis
le Musée des Arts et Traditions populaires du terroir Marseillais.
Mal compris par certains au départ, il ne se laissa jamais
décourager, faisant sienne cette maxime de Virgile: "
Labor improbus omnia vincit " " Lou travai mestrejo tout
" " Le travail opiniâtre maîtrise tout ".
En effet, son opiniâtreté finit par emporter l'adhésion
des Gombertois qui vinrent en grand nombre, par leur travail et
par leurs dons, participer à la création du Musée.
Celui ci fut inauguré le 25 juin 1928 . Il ne comportait
alors qu'une seule pièce, la cuisine provençale, annexée
à la maison familiale des Pignol, et conçue un peu
comme un foyer de culture populaire où les mainteneurs pouvaient
se réunir comme autrefois à la veillée, échangeant
leurs souvenirs et ravivant les usages anciens dans la langue de
leur père. Bientôt cependant les collections qui s'enrichissaient
de jour en jour se trouvèrent à l'étroit dans
cette cuisine pourtant vaste de dimensions. Il fallut construire
de nouvelles salles. Cela fut fait en plusieurs étapes jusqu'en
1936. Pour donner une certaine unité à ces divers
bâtiments dont la construction était conditionnée
par la présence de plusieurs maisons qu'il fallut réutiliser,
Julien Pignol adopta le parti pris de pasticher l'architecture Renaissance
Provençale, multipliant les fenêtres à meneaux
et les crénelages décoratifs. Il s'ensuit de l'extérieur
un aspect de forteresse de plaisance un peu surprenant mais auquel
l'il des Gombertois s'est habitué, et à l'intérieur
un ensemble de salles aux proportions heureuses et d'un caractère
pittoresque.
Jusqu'à sa mort, survenue le 10 décembre 1970, à
l'âge de 98 ans, Julien Pignol apportera tous ses soins à
l'enrichissement et à l'amélioration de son Musée.
Depuis sa mort, son uvre est poursuivie par l'Association
des uvres Sociales et Régionalistes de Château
Gombert (Provence) (A.O.S.R.C.G.) créée en 1945 qui
regroupe des bénévoles soucieux de sauvegarder la
culture populaire dans la même optique que le fondateur. Si
le nom du Musée a été modifié, c'est
dans le but de l'intégrer dans la grande famille des musées
d'Arts et Traditions Populaires français, et en même
temps d'étendre le champ des collections à tout le
terroir marseillais si vaste, si riche de traditions et pourtant
si peu connu.
Les méthodes de muséographie moderne ont été
adoptées, en particulier un inventaire détaillé
est en voie d'achèvement. Certains objets ont été
regroupés par centre d'intérêt : Costumes, matériels
agricoles, instruments de musique, objets religieux. Cependant l'esprit
dans lequel le Musée a été crée par
Julien Pignol est respecté par les responsables actuels.
En particulier, on a tenu à conserver le caractère
de collection personnelle où les objets sont disposés
plus en fonction de leur usage ou des goûts du collectionneur
qu'en fonction d'un ordre logique.
De là, ce côté chaleureux et vivant qui frappe
la plupart des visiteurs.
Il est difficile de décrire en peu de mots les collections
qui commencées depuis plus de cinquante ans, réunissent
des milliers d'objets répartis dans une dizaine de salles.
Les collections de costumes, en particulier de costumes féminins,
sont extrêmement fiches costumes de diverses catégories
sociales, de la ville, de la campagne, et d'époques très
variées (depuis le XVIII ème siècle le jusqu'au
début du XIX ème siècle) ; elles sont complétées
par une iconographie abondante (gravures, tableaux, photographies).
La salle agraire présente un panorama complet des outils
et des méthodes de travail dans la Provence agricole.
Les collections de santons, riches de plusieurs centaines de pièces
offrent une rétrospective de cet art naïf depuis les
premiers santons en papier mâché du XVIII ème
siècle jusqu'aux uvres si fraîches de nos santonniers
contemporains, en passant par les plus grands noms de la tradition
provençale : Lagnel, Simon, Guichard, l'Abbé Sumien,
Gaubert, Junoy, Puccinelli, Volaire, René Pesante (créchiste
et mécène du Musée)...
Des crèches diverses viennent compléter cette présentation.
Parmi les nombreuses richesses du Musée, il faut signaler
de fort beaux meubles anciens, de beaux ensembles de verreries,
faïences, poteries, cuivres, étains anciens ; des objets
d'usage courant : luminaires, vaisselle, outils de toutes sortes,
instruments de musique |